Moins de bébés, plus de défis : la Belgique face à une natalité en chute libre

par | 7 Nov 2025

En 2024, la Belgique a enregistré 108.150 naissances, soit une baisse de 1,9% par rapport à 2023. Ce chiffre, publié par Statbel, est au plus bas depuis 1942 (époque marquée par la guerre). Ce recul s’inscrit dans une tendance structurelle amorcée après le pic de 2010, où l’on comptait près de 130.000 naissances. Depuis, la natalité ne cesse de diminuer, malgré un léger rebond post-COVID en 2021.

Une fécondité en berne

L’indice conjoncturel de fécondité (ICF) est désormais de 1,44 enfant par femme, bien en dessous du seuil de remplacement des générations fixé à 2,1. Ce chiffre varie selon les régions et les nationalités : 1,33 pour les femmes de nationalité belge, contre 1,89 pour les femmes étrangères. Bruxelles affiche l’ICF le plus faible (1,34), tandis que la Flandre reste légèrement au-dessus de la moyenne nationale (1,48).

Par ailleurs, l’âge moyen à la naissance du premier enfant continue d’augmenter, atteignant 31,4 ans pour les mères et 34,3 ans pour les pères ou co-parents. Ce phénomène de parentalité tardive est particulièrement marqué à Bruxelles.

Première conséquence : un système scolaire sous pression

La baisse de la natalité a un impact direct sur le système éducatif belge. Moins d’enfants signifie moins d’élèves, ce qui entraîne la fermeture de classes voire d’écoles entières. À Fléron par exemple, l’école communale « Place aux Enfants » a dû fermer ses portes.

Selon les projections de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le nombre total d’élèves devrait chuter de 9% d’ici 2038, avec une baisse particulièrement marquée dans le secondaire (-11%). Cette situation oblige les établissements à fusionner des classes et à réduire leur personnel enseignant, ce qui fragilise l’offre éducative, notamment dans les zones rurales.

Deuxième conséquence : un modèle de pension menacé

La baisse de la natalité affecte aussi l’équilibre démographique du pays. Le ratio entre population active et retraitée se dégrade, mettant sous pression le système de pension. Ce modèle repose sur la solidarité intergénérationnelle : les actifs financent les pensions des retraités. Or, avec moins de jeunes en âge de travailler, ce mécanisme devient de plus en plus difficile à maintenir.

Le Bureau fédéral du Plan a d’ailleurs revu ses hypothèses à la baisse : il prévoit désormais un taux de fécondité stable autour de 1,6 enfant par femme pour les prochaines décennies. Cette stagnation démographique pourrait nécessiter des réformes structurelles du système de retraite et de sécurité sociale.

Un défi sociétal majeur

La dénatalité belge est le reflet de transformations profondes : incertitudes économiques, éco-anxiété, évolution des modèles familiaux et difficultés de conciliation entre vie professionnelle et vie privée. Pour certains, avoir un enfant devient un choix contraint par les réalités du monde contemporain.

Face à ces enjeux, des choix politiques forts seront nécessaires pour soutenir les familles et garantir la pérennité du modèle social belge.