La police fédérale veille à la sécurité de la population depuis 1998 en Belgique. En 2015, les femmes représentaient à peine 26% des effectifs. En 2023, elles étaient un peu plus de 30%. Barbara Dupont (nom d’emprunt), policière depuis 2 ans à Bruxelles estime que « rentrer à la police à l’heure actuelle… il faut le vouloir ».
Alors que certaines choses sont adaptées durant leur formation à l’Académie de Police, ce n’est plus du tout le cas sur le terrain… les femmes se confondent avec les hommes, mais est-ce une bonne nouvelle ?
La place de la femme sur le terrain est tout aussi importante que celle des hommes, c’est une certitude. « Nous avons une autre approche, une autre vision des choses et nous arrivons souvent à calmer plus facilement une situation qui concerne des femmes, elles se sentent plus à l’aise », affirme-t-elle.
« Les femmes ont donc totalement leur rôle à jouer, mais paradoxalement aucune mesure n’est prise pour notre sécurité en plus de ce qu’il y a pour les hommes. » Or, au vu de la population grandissante, de plus en plus facilement agressive et des évènements dangereux que la police couvre, les femmes mériteraient d’être davantage protégées…
Cependant, « ils ne veulent pas que l’on travaille en étant uniquement 2 femmes, nous serions moins aptes à nous défendre si la situation dégénère », explique Barbara Dupont. Une policière est donc toujours accompagnée d’un homme en intervention et si cela n’est pas faisable, alors deux hommes sont envoyés.
Au sein de la police, la seule chose faisant objet d’une attention spéciale est la grossesse. Cela engendre un écartement et les femmes passent alors du terrain vers les services de bureaux, un changement censé assurer leur protection. Alors que ceci est la seule exception que le système leur accorde, « Certains collègues nous disent que nous avons voulu l’égalité et que nous n’avons qu’à nous débrouiller dès à présent », une pensée fortement réductrice, déplore-t-elle.